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    Sur une photo de Doisneau

    Une salle de classe à haut plafond, des rangées de bureau au couvercle à relever, sur le dessus un encrier en porcelaine blanche, je me doute que l'encre soit violette, un porte plume darde de son bout d'une plume étrange.. qu'on trempera pour le cahier du jour.



    Un tableau noir, est tout au fond, un morceau de craie, un tampon à effacer, le maître grand monsieur à moustache, oeil sévère, grande blouse ouverte à martingale qui traîne par terre. une règle à la main.. on entend aucun bruit aucun murmure, où punition, au coin, bonnet d'âne ou un coup de badine sur les doigts.



    Mes yeux se fixent sur un bureau de deux enfants en blouse grise, tous habillés pareils, pas de différence.. l'un petit blond les yeux levés au plafond réfléchit, il est studieux cet enfant. devant lui une ardoise à sa main un crayon ardoise dans un support.. calcul mental ? à côté de lui, un gamin au regard fripon, attention il va te copier dessus petit garçon lui ne réfléchi il copie.. si la réponse est juste vous aurez un bon point à dix une image. que vous garderez précieusement dans votre cartable puis dans une boîte chez votre maman. Collection d'antan. Si la réponse n'est pas la bonne le maître ne voudra rien savoir qui a copié qui tous deux à la récréation vous ferez le tour de la cour au lieu de jouer au ballon. C'est la dure loi de l'école d'hier. Regarde petit au lieu de lever les yeux vers le ciel. à l'autre table. ton camarade lui protège son ardoise. lui a tout compris.



    Que des garçons dans cette classe la mixité n'était pas la loi de ce temps là. vos pélerines étaient accrochées aux patères sur le mur. La vie mes enfants en ce temps, l'école n'était pas plus dure car vous écoutiez, vous étiez intéressés, vous réviez devant la grande carte de france affichée.. et la photo de mr Jean Jaurès vous connaissiez.



    On vous apprenait les départements, le préfecture, sous préfecture, les chefs lieux de canton.. maintenant l'esprit s'envole vers d'autres continent que vous ne pensiez même pas en ce temps qu'ils existaient..  Mais en vous regardant je me demande si la vraie vie n'était pas celle que vous avez vécu à cet âge les enfants.. un peu plus stricte mais elle vaut certainement mieux que celle de maintenant où on lève tout partir dans tous les sens.



    Je vous conte une petite histoire simple, simplement parce que chez le médecin hier, mon regard s'est porté sur une des photos de Doisneau.. et à chaque fois dans la salle d'attente je m'évade, je brave la maladie en m'enfuyant avec vous dans l'ancienne vie.



     

    Morganne

    Sur une photo de Doisneau

     


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